CATA 17

CATAMARAN à MOTEURS de 17 m
NOTES

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Quelques réflexions...

    On aura compris d'où viennent mes inspirations pour les bateaux à moteurs : des bateaux de pêche, bien entendu !

En particulier de ceux-ci, les "shrimpers" américains (Floride) sur lesquels j'ai pêché. Je les ai trouvés particulièrement bien adaptés au chalutage. J'en détaillerai volontiers tous les aspects et leurs fonctions, un jour prochain.
J'ai donc nettement privilégié la fonctionnalité plutôt que la recherche du nombre maximum de couchettes dans mes bateaux.
L'esthétique reste "fonctionnelle" sans artifice inutile, sans prétention ni tape à l'œil, rien de superflu !
Je n'ai pas sacrifié les soutes avant et arrière au bénéfice de cabines supplémentaires, ces soutes sont réellement indispensables en grande navigation.

- La simplicité de construction

Ce type de bateau ne sera jamais destiné à la construction en série avec un agencement standard pour tout le monde. En voulant rester dans des prix "raisonnables" pour des constructions quasi à l'unité, le mieux est sans doute l'emploi du contreplaqué stratifié rendu étanche par la protection et le renfort d'une fibre de verre / époxy.
Le procédé donne un matériau très durable car le bois du contreplaqué est entièrement "mis en boîte" pour une conservation parfaite.
Il faut noter que ce type de construction est bien plus écologique que celle utilisant à 100% et en grande quantité, des composites issus de la chimie du pétrole.
Certains chantiers, ou confrères, ont choisi de traiter le dessous des carènes en forme en utilisant le procédé du "strip plancking" et de finir avec des panneaux de contreplaqué développables pour les murailles et tout le reste.
La question est : "est-ce vraiment utile" ?
Le procédé est évidemment plus complexe (plus cher) que celui qui consiste à construire des coques entièrement développables à bouchains vifs.
Une carène en forme sera-elle plus hydrodynamique ? C'est difficile à dire ! Les coques des catamarans sont très fines (rapport longueur / largeur hydrodynamiquement très avantageux), et qu'elles soient en forme ou à bouchains vifs, ne changera pas significativement la question du passage dans l'eau.
Alors autant choisir le plus simple !
Les panneaux de la coque sont tous développés et découpés par commande numérique avec les abouts usinés prêts à être assemblés. Le "Kit" complet peut être sous-traité par des façonneurs spécialisés et livré au chantier. Le gain de temps (et d'argent) est considérable ; de plus, la précision ne souffre pas "d'à peu près", l'efficacité est donc maximum.

- L'installation mécanique

Le cœur du bateau à moteur, en somme !
Il s'agit donc d'en prendre le meilleur soin afin qu'il rende le meilleur service.
Il est impératif que l'accès aux salles des machines soit aisé, quelque soit l'état de la mer, et d'autant plus qu'elle est agitée !
On accèdera donc aux machines par l'intérieur de l'habitacle sans sortir dehors et surtout sans ouvrir un panneau sur le pont de la plage arrière.
Les salles des machines sont assez vastes pour permettre de faire confortablement le tour des moteurs. L'entretien de la mécanique sera d'autant mieux suivi que l'accès sera agréable.
L'inspection des presse-étoupes et des divers filtres doit être facile et simple.
Evidemment, on choisira une arbre d'hélice "classique" directement à la sortie du réducteur. Jusqu'à preuve du contraire, le dispositif est fiable et surtout facile à entretenir.
Un panneau "semi-démontable" sur le pont permet de sortir entièrement le moteur sans qu'il soit nécessaire de le fragmenter en petites pièces.
Sur les chalutiers dont je fais référence, l'échappement est "sec" (comme sur les camions), les gaz sévacuent au dessus du toit du roof.
C'est là une manière efficace d'éviter les problèmes de retour d'eau dans les cylindres, éventuellement possible avec les échappements humides. Mais je dois dire que le bruit et les renvois de gaz brûlés sur le pont sont assez pénibles. On ne retiendra pas cette solution "sèche" qui condamne par ailleurs l'accès au toit du roof.

- La passerelle

Encore une fois, la commande du bateau doit être agréable et fonctionnelle.
la passerelle doit permettre une très bonne visibilité et un environnement immédiatement accéssible.
On doit pouvoir sortir sur le pont dans l'instant si nécessaire - et ce sera nécessaire - pour mieux voir ce qui se passe sur l'eau, accoster, manipuler des manœuvres, inspecter le mouillage, récupérer un homme à la mer, ou tout simplement prendre l'air sans se sentir cloîtré devant la barre. C'est un point capital sur lequel, personnellement, je ne dérogerai jamais.
Faut-il un poste de barre supplémentaire sur le toit du roof (fly bridge)? Ce n'est pas fondamentalement utile, c'est compliqué, cher et source de problèmes. Les manœuvres de port se font mieux en bas que en haut.
Si nécessaire on peut utiliser un joystick baladeur pour piloter le navire.

- le fardage

Il s'agit des surfaces présentes au-dessus de la flottaison, des "prises au vent".
Si le vent vient de l'arrière du bateau c'est parfait, mais ce n'est pas si souvent le cas ! Le simple vent apparent est une entrave à la faible consommation de carburant.
Le jeu sera donc de limiter le fardage, cela va de soi.
Exit, donc, les hautes superstructures très protégées...
Mais encore, un fort fardage aura aussi un effet sur le comportement transversal à la mer. Le bateau - même catamaran - doit respecter une courbe de stabilité dynamique minimum pour obtenir la catégorie de navigation "A" et plus. Les limites de retournement doivent être repoussées au maximum et le rôle d'un fort fardage est assez déterminant contre cette approche.

- l'agencement du roof

Le roof peut être agencé selon le goût des propriétaires sans aucune retenue.

- l'agencement des coques

Ici les choses se compliquent sérieusement.
6000 litres de capacité de gasoil représentent 5100 kg de charge.
1500 à 2000 litres d'eau diverses pèsent 1000 à 2000 kg
Ce qui donne un total des liquides de 6 à 7000 kg.
On doit garder une assiette neutre, que les cuves soient pleines ou vides. Elles se situent donc forcément vers le centre longitudinal du navire. Mais il y aussi tout le reste, les moteurs, le groupe, les batteries, la cambuse, etc...
Puis on essaie de placer avec tout cela deux cabines doubles, un W.-C., une douche et un escalier par coque avec le passage vers la salle des machines.

 

- L'électricité

On garde en tête les possibilités d'intervention !
Je veux dire par là qu'on ne démontera pas tous les aménagements pour accéder au circuit électrique ou du moins aux parties sensibles de celui-ci.
Un bilan électrique soigné selon le cahier des charges détermine la capacité du parc à batteries.
La question des panneaux photo-voltaïques reste posée : peuvent-ils être suffisants pour alimenter le circuit électrique domestique ? Je ne le pense pas, compte tenu du fait qu'un bateau de plaisance passera le plus clair de sa vie au mouillage ou à l'arrêt quelque part, sans l'alimentation électrique donnée par les moteurs de propulsion. Il faut également considérer qu'un circuit 220 Volt est necessaire pour la plupart des appareils "comme à la maison". Four, micro-onde, plaque de cuisson, chauffe-eau, ordinateurs, etc... Un groupe électrogène de 8 à 15 kWA sera nécessaire pour alimenter tout ce monde.

- la plomberie

- Soit on aménage les fonds des coques pour recevoir directement les liquides, à l'aide d'une résine époxy spéciale.
- soit on installe de vraies cuves métalliques dans les coques.
La capacités des fonds de notre cata sont insuffisants pour recevoir les volumes nécessaires. De plus, si tel était le cas, on aurait une répartition des liquides tout en longueur, ce qui n'est pas idéal pour la répartition des masses et pour l'inertie longitudinale que cela procure au navire. On cherche à éviter au maximum cette inertie qui a pour effet de faire tanguer (mouvements des extrémités avant et arrière de haut en bas) plus que de raison avec des risques de chocs importants dans le "tunnel", entre les coques.
Autrement, les réservoirs inclus dans la structure des fonds sont difficiles d'accès et donc diffiles à entretenir, difficile à vider, et en résumé : difficiles dans un bateau en bois !
Non, de bonnes cuves métalliques, en inox ou en alu seront parfaites, bien centrées avec des purges par dessous et des trappes de visite fonctionnelles et faciles d'accès en façade dans la coursive. Le remplissage et les évents d'aération sont également simples à installer.

- Les témoignages


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